L’affaire Karachi, c’est d’abord un attentat. Puis des soupçons de corruption d’hommes politiques français sur fond de gros contrats d’armement, notamment la vente de sous-marins au Pakistan par la France en 1995 pour 826 millions d’euros (contrat Agosta). Voici maintenant le versant pakistanais du dossier. D’après nos informations, depuis quelques jours, le juge Renaud Van Ruymbeke, chargé du volet financier du dossier Karachi, est en possession de relevés bancaires prouvant que Asif Ali Zardari, l’actuel président du Pakistan et ancien mari de Benazir Bhutto, a touché 10 millions de dollars sur un compte en Suisse en 1995. L’année de la signature du contrat Agosta. Ces virements prouveraient que les dirigeants pakistanais d’alors - en 1995, Benazir Bhutto est ministre des Finances du Pakistan - ont encaissé des pots-de-vin les incitant à choisir le contrat français. Ils confortent également la piste que suivent aujourd’hui les magistrats français, à savoir que c’est l’arrêt du versement de ces commissions qui aurait entraîné l’attentat de Karachi en 2002 et ses onze morts français.
Société offshore. Pour le moment, le juge n'a pas tiré de conclusion. Et se contente de suivre l'argent. D'après les documents remis par les autorités suisses au magistrat français, ces dix millions de dollars ont été déposés sur le compte «Bomer Finance Inc» à la Citibank de Zurich en cinq virements d'un montant allant de 1 à 3 millions de dollars entre le 7 mars et le 30 août 1




