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Libération
EDITORIAL

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Publié le 22/07/2012 à 22h06

Une présidence est ainsi faite de mots et de symboles. François Hollande a raison de répéter, à l'occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, qu'elle fut «un crime commis en France, par la France».

Il reprend les propos de Jacques Chirac, seul président français à avoir eu auparavant le courage de confronter ces chapitres honteux de notre passé.

Le président socialiste rompt avec François Mitterrand et son ambiguë «jeunesse française», ses douteuses fréquentations avec le chef de la police qui commit la rafle et ses hommages fleuris à Philippe Pétain. Rappelons que c'est en raison de l'empressement des policiers français et de René Bousquet que les enfants furent raflés et déportés.

Il ne s'agit pas d'une perverse volonté de dénigrer son pays. Au trébuchet de l'histoire, Serge Klarsfeld a rappelé hier que «si 11 000 enfants juifs avaient été déportés, 60 000 enfants furent sauvés par la population française». Le devoir de mémoire ne se divise pas.

Mais le devoir de mémoire ne suffit pas.

Il ne suffit pas que la France reconnaisse ce crime. Il ne suffit pas que les écoles de la République enseignent la déportation et les complicités françaises. La repentance ne doit pas faire oublier le temps présent.

Comme l'a montré en mars la tuerie de Toulouse dans une école juive, la guerre contre tous les racismes doit toujours être menée. «La France doit aux victimes, disait Robert Badinter, l'enseignement de la vérité et la force

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