Maintenir en France les emplois des centres d’appels, voire les rapatrier dans l’Hexagone, comme le souhaiterait le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est-il possible ? Des déclarations d’intention à leur faisabilité, la route du retour est jonchée d’obstacles.
Combien d’emplois offshore ?
On évalue à 15% (soit 45 000 postes) la part des emplois des centres d’appels délocalisés en Afrique ou en Europe de l’Est, dont la plupart (40 000) au Maroc et en Tunisie. L’offshore pesait dix fois moins il y a six ans. A eux quatre, les opérateurs télécoms SFR, Orange, Bouygues Telecom et Free mobilisent autour de 10 000 salariés offshore. Tous secteurs confondus, les centres d’appels emploient encore 240 000 personnes en France, mais les effectifs font du surplace.
Le rapatriement est-il finançable ?
Le calcul fait par Arnaud Montebourg (0,20 euro de plus par mois sur la facture du client suffirait à financer 10 000 emplois en France) et évoqué début juillet sur France Inter n'a pas convaincu grand monde. Car l'opération de relocalisation butte très vite sur le coût du travail : «L'heure de centre d'appels [salaires, encadrement, locaux, ndlr] coûte 30 euros en France contre 15 euros au Maroc», relève Olivier Duha, patron fondateur de Webhelp, un prestataire de service qui a perdu le marché de la région Ile-de-France (lire ci contre), et dont les deux tiers des 9 000 salariés sont localisés dans les pays du Ma




