Il a lu le texto. Une réponse à un ami qui demandait de ses nouvelles. «Ecoute, ces six derniers mois, j'ai fait deux AVC, perdu 20 kilos, une séparation, une circonscription que je ne devais pas perdre…» Une pause. Ses yeux rougissent.
Avenue de la Résistance au Raincy, en Seine-Saint-Denis, la ville dont Eric Raoult est maire. Il débarque dans son bureau, stature imposante, veste noire et tee-shirt pomme. Un poster du dernier gouvernement est encore accroché à une étagère. «Vous avez eu un café ? Hein ? Un café pour moi aussi !» braille-t-il en direction d'une collaboratrice dans la pièce d'à-côté.
«Pote». Eric Raoult, 57 ans, c'est avant tout un fort en gueule, une figure médiatique de la Droite populaire, un député qui ne manquait jamais de l'ouvrir dans l'Hémicycle comme dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Réputé pour son sens de la formule - souvent polémique -, il explique avec du recul que ça l'a «beaucoup desservi parce qu'au bout d'un moment ça agaçait les gens». «Montrer qu'on a des couilles à la télé une fois, ça va, mais dès qu'on les a vues, ça énerve et les gens se lassent», admet-il, lucide. Cet ancien ministre de l'Intégration dans le gouvernement Juppé est aussi connu pour ses dérapages, accusé de flirter trop souvent avec les idées du Front national. Comme lorsqu'il explique que «Le Raincy, c'est pas Bamako».
Plus récemment, il a proposé que l'on remette le prix Nobel de la paix à Nicolas S




