Si quelqu'un doutait encore que la Banque Centrale Européenne est la clé de la résolution de la crise de la zone euro, la semaine dernière devrait lui avoir ouvert les yeux. Il a suffi d'une remarque floue de son président, Mario Draghi, affirmant dans un discours que la BCE ferait « tout le nécessaire » afin de sauver la zone euro, pour apporter le calme immédiat sur les marchés des dettes publiques espagnoles et italiennes.
On l'a déjà dit ici: la BCE, depuis le début de la crise, fait pression sur les gouvernements, en agitant carotte et bâton, pour faire sauter les souverainetés nationales et forcer les gouvernements à faire ce qu'elle considère comme nécessaire pour pérenniser la zone euro. En mettant du temps à soutenir la dette publique italienne, parce que Berlusconi tardait à mettre en œuvre les réformes qui lui avaient été demandées dans une lettre secrète de Jean-Claude Trichet, la BCE avait causé une crise politique en Italie et poussé Berlusconi à la démission.
Comme le rappelait récemment l'économiste Karl Whelan, la BCE dispose d'un autre instrument qui lui permet de contraindre les politiques




