«Je n'ai pas été battu ! Je me suis retiré. Nuance !» Il y tient, et n'en démordra pas. Jean-Pierre Brard ajoute qu'il n'a même jamais réalisé de meilleur score depuis sa première élection, en 1988. Il avait toujours été réélu depuis. Un quart de siècle à trimballer sa gouaille sous les dorures du Palais-Bourbon, dont il vient pourtant de se faire ouster. Au premier tour de l'élection législative, le 10 juin, il est arrivé en seconde position, derrière le socialiste Razzy Hammadi. Avec seulement 1 400 voix de retard sur son concurrent, il aurait légalement pu se maintenir au second tour. Il a fait voter son comité de soutien, qui d'une courte majorité a exprimé le vœu qu'il se retire au profit du candidat de gauche mieux placé. «Moi j'étais prêt à aller au combat», lance-t-il, un peu amer.
«Pacte diabolique». Jean-Pierre Brard reçoit dans sa maison, à Montreuil, avec en fond sonore les bruits de jouets de son petit-fils. «Je ne vais pas vous raconter de salades. L'échec, ça n'est pas agréable.» Litote. Puis il part sur les raisons de ce revers - qui n'en est pas un, insiste-t-il - incrimine «le redécoupage» des circonscriptions en 2010, «la vague rose», l'abstention trop élevée, les promesses en l'air du rival socialiste. «Il a dit à des syndicalistes qu'il défendrait le smic à 1 700 euros de Mélenchon, mais ce n'est pas du tout dans son programme !» vitupère l'apparenté Front de gauche. Et d'évoquer le




