«C’était un mercredi vers 16 heures. Je suis à Bruxelles dans mon bureau de député européen quand je reçois un coup de fil de Jean-Marc Ayrault. Il me demande si j’accepte d’être ministre délégué au Développement. Dans la presse, j’étais cité parmi les ministrables écolos, même si les journalistes politiques donnaient Cécile Duflot et Yannick Jadot favoris. Devenir ministre cela se joue à un certain nombre d’aléas et de hasards. Mais je ne suis pas sorti de nulle part. Mon travail au Parlement européen, notamment pour obtenir des limitations importantes aux capacités des marchés financiers à spéculer sur les dettes des Etats, m’avait permis d’entrer en contact avec Jean-Pierre Jouyet et Michel Sapin, des proches de François Hollande. Ils ont dû penser que je pourrais être utile au gouvernement.
«Pour moi, être ministre n'est pas une fin en soi. Je demande donc au Premier ministre la feuille de route. On discute pendant cinq minutes des grandes priorités, et j'accepte. Ensuite, je prends le premier Thalys pour Paris vers 18 heures. Mais comme le Wifi ne fonctionne pas, je n'ai que très peu d'info sur l'annonce officielle. Après mes proches, j'appelle Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit. S'ils n'avaient pas tiré la liste aux européennes de 2009, je n'aurais jamais été élu. J'appelle aussi Yannick Jadot qui était également pressenti… Je passe ensuite par le siège d'Europe Ecologie-les Verts où je retrouve Cécile [Duflot, ndlr] et son équipe.
«Au téléphone, la baby-sitter de m




