Il faut se rendre à l'évidence : Nicolas Sarkozy était une drogue dure. Les médias paraissent en manque et les responsables politiques, de gauche comme de droite, ont un mal fou à décrocher. Quatre mois après sa défaite à l'élection présidentielle, la grande ombre de l'ancien chef de l'Etat plane au-dessus de l'UMP, empêtrée dans sa guéguerre de succession. La moitié des sympathisants de droite souhaiteraient que l'ex-président soit de nouveau candidat en 2017, révélait un récent sondage. Et le fantôme hante aussi, d'une certaine manière, le gouvernement. La semaine dernière, en marge de son déplacement à Madrid, Jean-Marc Ayrault recommandait aux journalistes d'aller se faire soigner. «Il faut vraiment vous désintoxiquer», s'était emporté le Premier ministre, interrogé sur l'immobilisme du gouvernement.
Un ex-président «super-zen»
A en croire son entourage, Nicolas Sarkozy serait totalement étranger à cette agitation : «Personne ne peut prétendre être son porte-parole. Il ne sortira pas de sa discrétion durable», assure un proche. «Si je perds, j'arrête la politique, vous n'entendrez plus parler de moi», avait confié le candidat à des journalistes en janvier. «L'aiguille, il faut l'enlever progressivement…» avait-il même ajouté, filant la métaphore du toxicomane. Voire. Au soir de la défaite, il avait été moins catégorique devant les caméras : «Vous pourrez compter sur moi pour défendre mes convictions, mais ma place ne




