«Putsch salarial.» Tels sont les mots employés par l'économiste Daniel Cohen dans son dernier livre, Homo economicus (Albin Michel), pour décrire un phénomène récent, historiquement lié à la financiarisation de l'économie mondiale : l'enrichissement exponentiel des riches, devenus une «hyperclasse». Et, en parallèle, l'appauvrissement des pauvres et le grippage des mécanismes vertueux qui permettaient aux classes moyennes de s'élever socialement. Un rapport de l'Insee rappelait une nouvelle fois la semaine dernière que ce phénomène, d'abord américain, est, depuis au moins dix ans, aussi français. D'où, par-delà une une et la polémique qui l'entoure, par-delà l'attaque en justice contre Libération, cette interrogation première : quel monde commun pour une société en forme de ziggourat, avec des niveaux intermédiaires de plus en plus hauts et un sommet inatteignable ? Urgence politique, pour une démocratie, surtout lorsqu'elle se trouve prise au piège d'une crise économique qui voit, dans les courbes du chômage et les dépôts de bilan, les images concrètes de sa faiblesse. Voire de sa fragilité. Jusqu'à présent, l'«hyperclasse» ne semble prendre conscience ni de son rôle ni de sa responsabilité. Elle survole le volcan. Aux politiques de prendre la question à bras-le-corps, sans simagrée, ni gêne, ni tentation de louvoyer ; en mobilisant les quelques outils qui restent à leur disposition pour réduire ces inégalités. Pour «aider» aussi
EDITORIAL
Ziggourat
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Publié le 10/09/2012 à 22h26
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