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Interview

Jean-Luc Mélenchon : «La démocratie n’est pas une concession que nous faisons au système capitaliste»

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Jean-Luc Mélenchon. coprésident du Front de gauche, estime que le Traité instaure l’austérité permanente :

Publié le 11/09/2012 à 21h46

Eurodéputé, Jean-Luc Mélenchon défend, contre un fédéralisme «ultralibéral et autoritaire» un non «européen, social et républicain».

Pourquoi appeler à voter contre le Traité ?

Ce Traité est une quasi-constitutionnalisation de la politique économique libérale, car il donne un caractère pérenne et contraignant à une vision technocratique de la gestion des affaires publiques. Il pose comme règle que les comptes des administrations doivent être à l’équilibre ou en excédent. Je suis écosocialiste, je ne peux approuver l’austérité. Républicain, je ne peux être pour un tel abandon de souveraineté populaire. Et européen, je condamne cette évolution «austéritaire» de l’Europe, c’est-à-dire l’austérité permanente imposée de façon autoritaire.

Défendez-vous un non fédéraliste, comme celui d’Eva Joly ?

En Europe, les mots sont piégés tant l’enfumage est devenu la règle. Le fédéralisme actuel est ultralibéral et autoritaire, alors que mon non est européen, social et républicain. Ce n’est pas un non nationaliste, un non de capitulation face à l’Allemagne, comme celui de Marine Le Pen. Mais la question de la souveraineté populaire et celle de l’indépendance nationale commencent à se recouper. Nous entrons dans des zones que je déplore, mais après l’adoption d’un traité comme celui-ci, on ne pourra plus dire que la France est une nation indépendante. Ses comptes publics, la gestion de ses emprunts, le vote de son budget seront soumis à des autorisations préalables. Et la France pourra être punie par un organisme de contrôle non élu.

L’Allemagne et la France peuvent-elles encore tirer dans le même sens ?

Le modèle actuel en Europe coïncide avec un

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