Pourquoi appelez-vous à voter contre le traité ?
Ce traité est une quasi-constitutionnalisation de la politique économique libérale. Il donne un caractère pérenne et contraignant à une vision technocratique de la gestion des affaires publiques, qui est typique des libéraux. Expressis verbis, le traité pose comme règle commune que les comptes des administrations publiques doivent être à l'équilibre ou en excédent. Je suis éco-socialiste. Je ne peux approuver l'austérité. Comme républicain, je ne peux être pour un tel abandon de souveraineté populaire. Et comme européen, je condamne cette évolution «austéritaire» de l'Europe, c'est-à-dire l'austérité permanente imposée de façon autoritaire.
Votre non au traité est-il un non fédéraliste comme celui d’Eva Joly ?
En Europe, les mots sont piégés tant l’enfumage est devenu la règle. Le fédéralisme actuel est ultralibéral et autoritaire, alors que mon non est un non européen, social et républicain. Ce n’est pas un non nationaliste, un non de capitulation face à l’Allemagne, comme celui de Marine Le Pen. Mais on voit bien que la question de la souveraineté populaire et celle de l’indépendance nationale commencent à se recouper. Nous entrons dans des zones que je déplore, mais après l’adoption d’un traité comme celui-ci, on ne pourra plus dire que la France est une nation indépendante. Ses comptes publics, la gestion de ses emprunts, le vote de son budget seront soumis à des autorisations préalables. Et en cas de non-respect, la France serait punie par un organisme de contrôle qui n’est élu par personne.
L'équilibre des comptes publics doit-il être un objectif ?
Encore une fois le mot est piégé. Personn




