La cinquantième proposition de François Hollande, élu président de la République, était claire. Elle visait à octroyer le droit de vote aux élections locales aux étrangers non communautaires résidant légalement en France depuis au moins cinq ans. En 2000, une loi a bien été votée par l’Assemblée nationale, mais elle est restée lettre morte, face à un Sénat où la droite était alors majoritaire. Bientôt pourtant, en 2005-2006, Nicolas Sarkozy et quelques ténors de la droite ou du centre s’emparaient du thème. Ils disaient voir alors dans l’octroi de ce droit un facteur d’intégration, une preuve supplémentaire de la tradition républicaine d’accueil, un acte audacieux.
Leur enthousiasme fut hélas de courte durée. L’air du temps - et les calculs électoraux - ont soudain fait d’eux d’irréductibles adversaires de ce nouveau droit. Nous avions à nouveau perdu la partie.
Jusqu’à ce qu’en décembre 2011, le Sénat, passé à gauche, reprenne le flambeau. Généreuse, la république se doit de donner de nouveaux moyens d’expression à ceux qui prennent part, au quotidien, à la vie de la Cité, qui contribuent à ses ressources, qui respectent ses lois.
Terre d’accueil, la France se doit d’honorer les racines créées, par-delà la nationalité, par ceux qui l’habitent depuis des années.
Pluriel, notre pays se doit de reconnaître un nouveau type de citoyenneté.
Egalitaire, notre nation se doit de ne pas discriminer les étrangers non communautaires et d’agir avec eux comme avec les ressortissants de l’Unio




