Sa nette victoire à la première primaire organisée par son parti puis l'obtention d'une courte mais réelle majorité par ce même parti aux législatives ont autorisé François Hollande à librement choisir son Premier ministre. La logique des institutions, et surtout leur pratique, auraient voulu que Matignon revienne à une personnalité politiquement complémentaire du Président, incarnant un autre courant de son propre parti ou même de sa majorité - en l'espèce Martine Aubry. Contrairement à François Mitterrand, qui se vit in fine par deux fois imposer le choix de son premier Premier ministre - Pierre Mauroy, en 1981, qui incarnait une tradition socialiste faisant défaut à l'ex-élu radical de la Nièvre et surtout, en 1988, son adversaire et concurrent de toujours, Michel Rocard -, François Hollande s'est trouvé en mesure de nommer un homme dont il se sentait proche. Trop peut-être, est-on tenté de se demander après presque six mois de cohabitation pour ces deux sociaux-démocrates résolus, désormais chargés d'habiter les deux premiers rôles, parfois redondants, d'un exécutif dyarchique. Ni dauphin, comme Juppé le fut pour Chirac, ni simple collaborateur, ainsi que Sarkozy n'hésita pas à qualifier Fillon, Jean-Marc Ayrault s'affirme peut-être comme le premier Premier ministre normal de notre étrange Ve République. Incarnant une fonction particulièrement ingrate sous ce régime ni parlementaire ni présidentiel, il endosse classiquement les couacs. Ce qui ne l'empêche pas
EDITORIAL
Dyarchie
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Publié le 14/10/2012 à 21h56
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