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Libération
EDITORIAL

Boussole

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Publié le 19/10/2012 à 22h06

Les étrangers, résidant légalement en France, ne participeront pas aux élections municipales de 2014. François Hollande souhaite renvoyer à d'autres temps le 50e engagement de sa campagne. Comme François Mitterrand qui, au fil de deux septennats, avait enterré une de ses «110 propositions» de 1981 et Lionel Jospin, préférant vingt ans plus tard ne pas concrétiser une proposition de loi votée par l'Assemblée, le président socialiste recule. Ses motifs sont trop clairs. Parmi les divers arguments invoqués, la peur de la droite et de l'extrême droite annonçant un débat hystérique à la veille d'une échéance électorale a, à coup sûr, convaincu le pouvoir socialiste de se dérober devant l'obstacle. Mais l'opportunité ne peut servir de boussole politique. Le débat sans cesse reporté depuis trente ans doit être engagé, franchement. Frontalement. Pour savoir si les étrangers vivant en France depuis plus de cinq ans, payant leurs impôts et participant à la vie du pays comme des citoyens, peuvent oui ou non prendre part à la démocratie locale. Le gouvernement socialiste ne pourra s'affranchir indéfiniment de ce débat sur la foi de sondages contradictoires et au motif qu'il pourrait lui faire perdre des voix. Pour l'heure, François Hollande a choisi de tergiverser, de reculer, mais pas encore de renoncer. Passé 2014, il lui restera trois années pour tenir l'engagement qui était censé marquer son quinquennat. Il ne sera pas encore trop tard, mais le Président doit dire haut, f

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