Ceux qui exercent le pouvoir politique ou qui aspirent à le faire ne cessent de se plaindre des atteintes constantes de la presse contre le secret de leur vie privée. A l’instar de la folklorique et omniprésente Valérie T., ils n’hésitent pas à porter plainte pour mettre fin à de tels outrages. Ils réclament avec une indignation grandissante qu’on les laisse en paix. N’ont-ils pas déjà des charges énormes, des dossiers à gérer, des décisions à prendre, des protocoles à suivre ? Faut-il encore les martyriser avec ces poursuites impitoyables, cette volonté de tout savoir, cet acharnement à percer le dernier de leurs secrets ? On regrette le temps où la presse se tenait à carreau et ne cherchait pas à escalader le mur qui séparait la vie publique de la vie privée. Mais pourquoi la classe politique est-elle si fâchée, si indignée, si outrée ?
Il semble clair qu’elle n’aime pas qu’on la contrôle, qu’on la suive, qu’on veuille en savoir plus qu’elle n’est prête à en dévoiler à propos d’elle-même. En bref, elle cherche à faire en sorte que le journalisme ne remplisse pas l’une de ses principales fonctions dans un régime démocratique, celle de contrôler ceux qui exercent le pouvoir. Car ces derniers sont les serviteurs du peuple et non pas leurs maîtres et le peuple a le droit de connaître qui va prendre des décisions en son nom, à sa place. C’est pourquoi ces atteintes répétées à la vie privée sont des signes, non pas d’une quelconque décadence, mais plutôt du renforcement du proces




