Allez, on va l'outer. Erwann Binet qui vient d'être nommé rapporteur de la loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels présenté ce mercredi en Conseil des ministres est hétérosexuel, marié, père de cinq enfants âgés de 3 à 15 ans, et «issu d'une éducation chrétienne». Voilà, c'est dit. Sinon, à tout juste 40 ans, il est presque surpris et «fier» de porter un tel texte. Trois mois après son élection, il y a de quoi.
Il aime «défendre (ses) convictions jusqu'à fatiguer (s)on entourage». Cela tombe bien car il aura besoin de réserves d'énergie, dans le débat qui s'annonce sur «le mariage pour tous», vu par certains comme un «renversement de civilisation». Dès cette semaine, il va lancer une série d'auditions, tous les jeudis à l'assemblée, pour entendre, psy, juristes, religieux, maires, associations mais aussi les premiers concernés: des jeunes adultes qui ont été élevés par deux pères ou deux mères. «Qu'on mette le nez sur leur existence», dit-il, pragmatique.
Le mariage ? Un clivage «générationnel»
Erwann Binet est un breton, fils d'un sous-marinier mis à la retraite à 32 ans et parti vivre en région parisienne. Il a fait des études de droit. Quand, à Nanterre, il est tombé sur un troisième cycle de collaborateur parlementaire il s'est dit: «C'est ça que je veux faire: c




