«Tous ces fidèles qui vont sortir tout à l'heure de la mosquée après la prière, ces barbus en djellaba, ces femmes portant le foulard, ça pose évidemment questions aux gens qui nous regardent.» Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, est très conscient des réactions que peut susciter l'augmentation de la pratique chez les musulmans, et son extrême visibilité. «Les églises se vident et les mosquées se construisent, observe-t-il. En 1994 [ inauguration de la Grande Mosquée de Lyon, ndlr], la salle de prière était à moitié pleine. Aujourd'hui, on déborde. A l'époque, on avait 10% de jeunes, aujourd'hui 80%.» «Dans le temps, nous avions 35-40 enfants pour la communion. Cette année, on en aura 8. A côté, l'école coranique en accueille 180», souligne Bernadette Reynier, membre de l'équipe de la paroisse du père Chevrier de Saint-Fons (Rhône), qui entretient des liens étroits avec la mosquée et la synagogue voisines.
Foulards. Est-ce la conséquence de cette visibilité nouvelle de l'islam et des revendications de certains fidèles ? Depuis «deux, trois, quatre ans», Kamel Kabtane constate une «montée de l'intolérance» envers les musulmans : «Jusque-là, je n'avais jamais senti de ressentiment de la part de la population française. Là, on me le dit et on me l'écrit.» Il reçoit régulièrement des lettres anonymes. «Une tous les quinze jours ou tous les mois, ça dépend de l'actualité.




