La gauche a remporté la présidentielle et les législatives ; la droite la bataille idéologique. La première a les mains libres, la seconde le verbe hargneux. Les uns sont timorés, empruntés, maladroits ; les autres pérorent et établissent l'agenda de ce qui est politiquement correct ou incorrect pour le pays. Interrogé par Libération lors de sa conférence de presse, le Président l'a reconnu sur une question des plus symboliques : le droit de vote des étrangers. Il est urgent de ne rien faire, a-t-il dit, dès lors qu'il n'y a pas de majorité des trois cinquièmes pour faire voter cette promesse au Congrès et qu'il semble politiquement suicidaire de recourir au référendum, prérogative présidentielle par excellence, pour que les citoyens tranchent. Pourquoi suicidaire ? En raison, précisément, des séquelles d'une présidentielle négociée extrêmement à droite par Nicolas Sarkozy et réchauffée sur les mêmes thèmes - pain au chocolat et racisme anti-Blancs - dans le duel qui oppose François Fillon à Jean-François Copé. L'exécutif pense devoir apaiser le pays et ne surtout pas lui agiter sous le nez le moindre chiffon rouge, de peur d'ouvrir un débat qui déchirera la France et profitera, in fine, à une droite au surmoi de plus en plus effondré. Si le calme et la sérénité sont des vertus politiques, surtout après cinq ans de sarkozysme, le courage en est une autre, encore plus essentielle. Malheureusement, s'agissant du droit de vote des étrangers et du récépissé pol
EDITORIAL
Apaiser
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Publié le 14/11/2012 à 22h41
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