«Moi, Président» : depuis hier soir, François Hollande peut manier l'anaphore sans risquer l'ironie cinglante de ses contradicteurs. Pour sa première conférence de presse, le Président était dans son costume, avec une aisance, une autorité et une solennité qui ne juraient pas avec l'esprit de la Ve République. Dans le décorum pompier de l'Elysée et entre deux colonnes, Hollande a enterré une fois pour toutes la présidence normale. Mieux, il a su trouver des accents mendésistes pour dire, «dans la vérité» et «dans la clarté», la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays. Il a été, de très loin, le meilleur avocat de l'action de «redressement»que conduit le gouvernement, et notamment de la mobilisation contre «le décrochage productif». Certains y verront même, entre l'éloge de «la politique de l'offre» et l'«imperium» de l'équilibre des comptes, l'amorce d'une mutation audacieuse de la gauche française. Mais il faut aussi regretter que le Président se soit arrêté au milieu du gué sur plusieurs sujets décisifs. Sur l'Europe, d'abord : si François Hollande a clairement condamné ceux qui en font leur «bouc émissaire» préféré, il n'a pas livré sa vision de l'avenir. Le chef de l'Etat a certes dit la nécessité «d'aller plus loin», mais sans donner les clés de cet «ailleurs», et sans oser prononcer le mot tabou de «fédéralisme», ni sa propre version pudique d'«intégration solidaire» qui fâche une partie de sa majorité. Sur la dépense publique, ensui
EDITORIAL
Décorum
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Publié le 14/11/2012 à 19h03
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