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Libération

Au FN, on attend les déçus du copéisme

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Pour Marine Le Pen, le président de l’UMP sera vite en flagrant délit de contradiction avec ses électeurs.

Publié le 20/11/2012 à 21h46

Marine Le Pen a gagné une bouteille de champagne. Et peut-être plus. Hier, au siège de son parti, à Nanterre, la patronne du FN fanfaronnait : elle avait prévu la victoire de Jean-François Copé et avait même parié dessus. Elle avait «théorisé la fracture de la droite». A présent, elle s'en délecte.

Pour elle, «l'imposture» Copé va voler en éclats. «On ne peut pas aller sur les thèmes du FN et en même temps dire que le FN, c'est le diable, a-t-elle asséné. Les Français l'ont compris : en période électorale, à l'UMP, on montre ses petits muscles, les propos sont durs, mais, en fait, la main est molle.» Hier, Marine le Pen s'est donc employée à démontrer «l'insincérité» du nouveau président de l'UMP, venu chasser sur les terres de l'extrême droite.

Florian Philippot, numéro 2 du parti, ne dit pas autre chose : «Pour nous, il suffit d'être dans la cohérence, pour récolter les fruits, glissait-il en marge de la conférence de presse. Si Copé enfume, nous, on va le désenfumer.»

Comme, au Front National, on n'aime rien tant qu'appuyer là où ça fait mal, Marine Le Pen prend le temps de décrire les circonstances qui laissent «un mouvement fracturé, affaibli, avec un leader contesté et une ligne politique indéterminée». Elle prédit à la droite «quatre ans d'enfer, de batailles internes, de lutte des ego». Et joue avec plaisir les oiseaux de mauvais augure : «Je vous l'annonce, cette bataille va s'amplifier.»

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