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Analyse

Un parti en mille morceaux

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Le duel Fillon-Copé enfonce l’UMP dans une crise qui pourrait causer sa perte.

Le QG de François Fillon, le 19 novembre 2012. (Photo Sébastien Calvet pour Libération)
Publié le 20/11/2012 à 0h42

Quand une crise de leadership se double d’une crise idéologique, l’heure est grave pour un parti politique. Cette double peine frappe désormais l’UMP, en pleine convulsion post-sarkozyste. Jean-François Copé et François Fillon ont tous deux été des acteurs majeurs de la dernière campagne présidentielle, qui a vu leur formation se déporter - par la seule volonté d’un tout petit clan - à droite toute. Or, cette mutation inédite pour un parti du centre et de la droite s’est opérée sans débat démocratique ni validation militante. Sans même parler d’un droit d’inventaire, les deux prétendants à la présidence de l’UMP ont préféré rester dans le non-dit ou le déni sur la fuite en avant idéologique de Nicolas Sarkozy, pour tenter de sauver son fauteuil élyséen. Les yeux rivés sur 2017, Copé et Fillon ont cru que ce tour de passe-passe serait inconséquent. L’effet boomerang est dévastateur. Avec ses militants déboussolés, ses cadres et élus divisés, l’UMP - formation très hétéroclite - est potentiellement en voie de décomposition.

L’existence de l’UMP est-elle menacée ?

Trois partis sont à l’affût pour l’affaiblir et lui rogner son espace politique : le Front national, l’Union des démocrates et indépendants (UDI) et le Parti socialiste. Le plus offensif, le plus hostile aussi, est le FN qui, dès dimanche soir, a invité les sympathisants de l’UMP à le rejoindre, jouant sur la peur du vide et l’écœurement. Mais c’est surtout une recomposition précipitée de la droite que

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