Il se dit volontiers qu'en politique on ne meurt guère avant que d'être définitivement refroidi. Un peu, en quelque sorte, comme dans les Aventures de Tintin, en lesquelles peu des protagonistes bons ou mauvais trépassent «pour de vrai». Parmi ces rares, difficile de ne pas songer, cependant que l'UMP se dévore, aux deux méchants de l'Oreille cassée. Ceux-là s'appellent Ramon et Alonzo et tous deux, se battant pour rattraper un diamant tombé du pont d'un navire, s'étreignent et s'abîment en mer où, se neutralisant l'un l'autre, ils se noient de conserve. A la dernière case de la pénultième planche de l'album, de cruels diablotins les mènent ad patres à coups de fourches.
S'il est encore trop tôt pour savoir si Jean-François «Ramon» Copé et François «Alonzo» Fillon en reviendront, ou pas, il ne l'est pas pour apprécier quelle conception de la chose publique ces deux-là partagent, chacun dans son «style» et équitablement, en ce qui constitue moins un cataclysme qu'un aboutissement. Et s'il n'est pas interdit de rire à cet «extrêmement cordial» (dixit Copé) déploiement de cynisme, on serait tout aussi bien fondé à sérieusement s'en émouvoir. Mardi, par exemple, lors de l'épisode dit du retour de Sarkozy, alias «l'autorité morale» (rions), qui vit le parrain de la famille, prétendument blanchi pour n'être momentanément sorti de l'affaire Bettencourt qu'avec le statut de témoin assisté, reprendre en main le business. Ainsi Al Capone, de son péni




