La rumeur a pris d'assaut la citadelle Bercy. Alors que l'atonie de l'économie se confirme, que l'objectif de réduction du déficit public est menacé et que le chômage promet de battre de nouveaux records en 2013, le centre névralgique de l'action économique gouvernementale se perd en conjectures sur ses têtes, suspendu à une redistribution des postes ministériels, que certains conseillers estiment «inéluctable» suite au feuilleton du supposé compte suisse du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. «Je peux vous dire que différents scénarios de réorganisation très précis ont été envisagés», confie l'entourage d'un ministre de Bercy. Dans les couloirs du paquebot des bords de Seine, les castings se tricotent à l'envi depuis dix jours. Alors même que l'hypothèse d'un remaniement ne trouve pour l'heure à s'étayer ni à l'Elysée ni à Matignon, décisionnaire en la matière. Comme si l'affaire Cahuzac n'était que l'occasion d'en finir avec le malaise diffus qui règne à Bercy depuis sept mois.
En choisissant d'installer aux côtés du patron en titre, Pierre Moscovici, six ministres, dont trois de plein exercice - Arnaud Montebourg au Redressement productif, Sylvia Pinel à l'Artisanat et Nicole Bricq au Commerce extérieur -, François Hollande avait ménagé les différentes sensibilités de la majorité, mais pris le risque de la discorde. Laquelle n'a pas tardé à se concrétiser : le flamboyant ministre du Redressement productif n'a pas mis longtemps à contester bruyamment la li




