Atonie de la chose politique, toute réductible à des vœux plus ou moins pieux, à des incantations plus ou moins chamaniques, et atonie de la vie sociale, dont on n’entend guère que les longues listes de condamnés par des plans du même nom.
En fait de vie publique, ce qui ponctua le passage de l'an, c'est la houle d'une bouteille moitié pleine ou moitié vide, avec des bulles résolues d'impuissance et de résignation. Sur le devant de la scène, dans une molle cacophonie ministérielle, François Hollande fait semblant de croire encore à des objectifs de 3% de déficit et de 0,8% de croissance, qu'il ponctue, devant les salariés marris de Pétroplus, d'un martial et bonapartiste (c'est un métier) : «Ce qui va ou ne va pas, c'est au président de la République de l'assumer.»
Les licenciements aussi, alors ? Du moment qu'il «assume»… Hormis au Sénat (au Sénat !) où s'entretient désespérément le principe d'une gauche de gauche, il n'y a pas d'opposition à un gouvernement qui ne s'identifie que dans ses renoncements. De la guerre interne à l'UMP, tout le monde - hormis les intéressés, bien sûr, et les commentateurs - se contrefout. Ce boulot-là, qui consiste à porter les intérêts d'une classe que son égoïsme asocial identifie ontologiquement, se fait dans l'occulte négociation qui préside à la réforme du marché du travail, où c'est le Medef qui écrit la partition et Laurence Parisot qui tient la baguette. A l'inéluctabilité de plans de licenciements par centaines, tout au long de




