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Libération

Jerôme Cahuzac corse le bilan de la Grande Guerre

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(Dessin Alain Brillon)
Publié le 15/01/2013 à 20h56

Intox

Il arrive que les hommes politiques, au détour d'interviews, s'invitent dans des débats historiques. Il arrive aussi qu'ils s'y égarent un peu. Interrogé sur l'exil fiscal de Gérard Depardieu, Jerôme Cahuzac s'est livré, la semaine dernière, à une digression l'amenant à évoquer, pêle-mêle, le devoir d'honorer l'impôt, le patriotisme en général, le sang versé pour la patrie, la mémoire de ses grands-pères mobilisés au front, ou encore le sang versé par les Corses lors de la Grande Guerre. Et de déclarer : «J'ai passé les fêtes de fin d'année en Corse, qui à l'époque ne formait qu'un seul département, et qui est le département qui a payé en pourcentage le plus lourd tribut à la guerre de 14-18.»

Désintox

La Corse serait ainsi le département le plus meurtri par la Grande Guerre ? Jerôme Cahuzac met le doigt sans le savoir dans une joute passionnée, où l’Histoire se mêle d’enjeux identitaires. Et où les idées reçues se révèlent parfois fausses. Désintox se lance, une fois n’est pas coutume, dans les livres d’histoire.

Avec 1 350 000 soldats tués, la France est ressortie meurtrie de la Grande Guerre. La Corse, comme toutes les régions rurales, a connu la mobilisation d'une grande part de ses hommes, dont beaucoup sont venus nourrir les rangs de l'infanterie, et dont beaucoup ne sont pas revenus. Combien ? Après la guerre, le nombre de 30 000, voire 40 000 morts, sera longtemps avancé. «Tout à fait surestimé», affirme l'histori

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