Il vient de passer quatre ans à la Maison Blanche, de faire une campagne harassante et d’arracher sa réélection. Barack Obama prononce son discours d’investiture. Il parle malgré tout au futur. Il se projette. Il clame que le meilleur est désormais à venir, au-devant des Etats-Unis. Il convoque les Wasp et les immigrés, les hommes et les femmes, les gays et les hétéros. A tous, il dit qu’il ne saurait exister d’inégalité de destin, que l’Amérique est précisément ce pays capable d’offrir l’avenir à qui veut s’en saisir, comme un Noir de Chicago devenu Président. Même soumise à l’action corrosive du doute, cette mythologie dit quelque chose d’un pays qui est, demeure et se percevra toujours comme radicalement jeune. Qui pense que son identité reste à définir, conquérir, imaginer. Triste retour en France : quel homme politique, ici, parle au futur ? Lequel ose dire que le passé est révolu, que le patrimoine nous fatigue de sa consensuelle pesanteur et que le progrès n’a jamais pris une ride ? La France, de gauche comme de droite, cultive la nostalgie. Elle la théorise et cherche même à la rendre moderne. Gérontocrate, antiquaire, peureuse, elle considère que la jeunesse va de 16 à 50 ans minimum. Etrange pays qui fait beaucoup plus d’enfants que la moyenne mais reste conservateur, rentier, à la retraite de lui-même. Que peut la politique face à la crise d’un régime d’historicité qui voit une ex-grande puissance regretter, dépressive, l’époque où tout était clair au lieu de fair
EDITORIAL
Parler au futur
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Publié le 22/01/2013 à 22h16, mis à jour le 23/01/2013 à 9h26
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