Menu
Libération
EDITORIAL

Boulet

Réservé aux abonnés

Publié le 24/01/2013 à 22h06

Depuis plus de quatre ans, Bernard Tapie jouit paisiblement de 400 millions d’euros. Un pactole légalement accordé aux frais des contribuables français par un tribunal arbitral dans l’affaire Adidas. Assis sur son tas d’or, l’homme d’affaires peut à nouveau mener grand train, s’offrir un groupe de presse sans craindre de devoir, un jour, rendre l’argent. Et la justice n’y peut plus rien changer !

Les amis de Tapie ont en revanche beaucoup plus à craindre de l’enquête fraîchement ouverte sur les conditions d’attribution du magot. Pourquoi Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l’Economie et avocat, plaidait-il de régler le litige entre son ancien client et le Crédit lyonnais par un arbitrage ? Pourquoi Nicolas Sarkozy, considérait-il lui aussi cette justice privée plus efficace que la justice ordinaire ? En 2007, en pleine campagne présidentielle, le soutien politique fervent de Tapie aurait-il fini de le convaincre ? La ministre Christine Lagarde et Stéphane Richard, son directeur de cabinet à Bercy, auraient-ils donné des consignes aux fonctionnaires pour que cette volonté politique se traduise dans les faits ? Voilà bien les questions auxquelles les trois juges d’instruction ont désormais à répondre. L’enjeu est d’importance car plus que les éventuelles sanctions, c’est la vérité sur une certaine pratique du pouvoir qui est en jeu. Une pratique mêlant affaires et amitiés, privilégiant les arrangements de coulisses aux décisions transparentes de la justice. Pour Sarkozy, Tapi

Dans la même rubrique