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Récit

Mariage pour tous à l’Assemblée : Taubira brille, l’UMP braille

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La garde des Sceaux a défendu avec force le projet de loi face à une droite mobilisée pour la forme.

La ministre de la Justice,Christiane Taubira, est applaudie par les bancs de la gauche, hier à l’Assemblée, après son discours. (Photo Sébastien Calvet)
Publié le 29/01/2013 à 22h26, mis à jour le 30/01/2013 à 11h32

Elle a parlé sans notes, le regard droit, pendant quarante minutes. Il est 16 h 30 hier, quand Christiane Taubira, garde des Sceaux, entame son discours pour défendre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe. Calme, elle veut «poser les mots». «C'est un acte d'égalité». Elle maîtrise son tempo et ses effets. «Ce n'est pas un mariage au rabais, pas une union civile […], pas une ruse, une entourloupe. C'est le mariage avec sa charge symbolique et ses règles d'ordre public.» «Contre-nature !» crie la droite.

Imperturbable, la ministre de la Justice rappelle, depuis 1791, la longue évolution de l'institution matrimoniale qui «porte fortement la marque de la laïcité, de l'égalité et de la liberté». «Aujourd'hui, nous parachevons l'égalité», clame-t-elle. Puis : «Qu'est-ce que le mariage des couples homosexuels va enlever aux couples hétérosexuels ?» «Rien», répondent des socialistes. «Ce n'est pas la question», tente-t-on à droite. «Vous pouvez garder le regard obstinément tourné vers le passé […]. Nous sommes fiers de ce que nous faisons», leur répond-elle.

Dans le public, Christine Boutin et Frigide Barjot, égéries des anti-mariage pour tous, n'en perdent pas une miette, tout comme des militants LGBT. Erwann Binet, le rapporteur PS affirme qu'il est «impensable que dans les villages et les quartiers, le professeur, la boulangère, les parents d'élèves connaissent d

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