Il y a une Taubira Pride. Depuis le début de l'examen du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, mardi dernier, le Palais-Bourbon bruisse d'admiration pour la garde des Sceaux. «C'est une rock star chez les députés PS», constate un habitué de l'hémicycle. «Elle est plus que cela, complète Matthias Fekl, jeune élu PS. Elle incarne le sens de l'engagement.» «Elle reste calme, mais dégage une rare passion. On a l'impression qu'on fait quelque chose d'utile, de fort. Ça n'arrive pas tous les jours, et elle y est pour beaucoup», dit aussi Barbara Romagnan. Comme beaucoup d'élus, cette députée socialiste est «hyperemballée». Claude Bartolone, président de l'Assemblée, le confirme : «Il y a aussi une reconnaissance de ce qu'elle représente, son parcours, son profil, ses origines. On me dit "Simone Veil", "Badinter" et elle. Elle est dans le top 10.»
Christiane Taubira parle sans notes. Un phrasé bien scandé. Un débit maîtrisé. Son discours inaugural a duré près de trois quarts d'heure et a impressionné le public. Elle y a retracé l'évolution de l'institution matrimoniale qui «porte fortement la marque de la laïcité, de l'égalité et de la liberté». «Aujourd'hui, nous parachevons l'égalité», a-t-elle conclu. Et, à l'adresse de la droite : «Vous pouvez garder le regard obstinément tourné vers le passé […]. Nous sommes fiers de ce que nous faisons.» «On me dit qu'elle e




