Avec des séances interminables, les députés ne se couchent plus. Mais qu'est ce qu'ils s'allongent. La discussion sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe se prolonge depuis presque deux semaines, jour et nuit. Au fil des débats, le «je» jaillit. Les bancs de l'Assemblée se transforment en divan. «Cela se sent aux mots utilisés, parfois c'est l'inconscient qui se met à surgir», confirme Dominique Bertinotti, la ministre de la Famille, présente en permanence dans l'hémicycle. «C'est la grandeur et la décadence du débat, il y a une part de psychanalyse collective», note le député PS Christian Assaf.
«Blessures». Cela tient beaucoup à la nature de ce texte qui mêle le sociétal et l'intime. Et qui résonne en chacun. «La famille, le couple, ce sont des cordes sensibles. On se sent en droit de s'exprimer. Pas besoin d'être expert en finances de la Sécurité sociale», analysait déjà Annick Lepetit, députée de Paris, avant le début de la discussion parlementaire. Quoi qu'il en soit, les élus parlent du mariage, de l'adoption, de la filiation, de l'amour… Mais aussi beaucoup d'eux-mêmes. En séance, ils utilisent la première personne sur le ton de la confidence. Ils exhument leur histoire personnelle. L'exhibent parfois. Au détour d'une phrase, leur intimité déborde. C'est parfois volontaire.
Le symptôme, le voilà : Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, voix tremblante, à la tribune




