C’est l’histoire d’un secret espoir qui finit par devenir une conviction avant de terminer sa course comme une erreur fatale. L’espoir de François Hollande, c’était que la France de 2013 rejoue à l’identique le scénario de 1997. Plusieurs économistes socialistes l’avaient plaidé à l’Elysée, graphiques en main. Cette année de grâce, la France l’avait commencée dans le doute - une croissance atone, un chômage record, un déficit abyssal - et l’humiliation, tant elle semblait incapable de satisfaire alors aux fameux critères de Maastricht et donc de se qualifier pour l’entrée dans l’euro. Cette impasse dépressive avait d’ailleurs conduit le président Chirac à tenter le pari fou de la dissolution. Arrivée par surprise au pouvoir, la gauche avait soudain profité d’une inversion inespérée du cycle économique. Il avait suffi d’un pilotage macro-économique habile pour remettre la France dans le sillage de la croissance mondiale. Mais 2013 n’est pas 1997, les relais extérieurs de croissance patinent et le brouillard ambiant ne laisse entrevoir aucune éclaircie. Le «théorème de Hollande» s’est effondré, ruinant la promesse audacieuse du président d’une inversion rapide de la courbe du chômage. Tout est à rebâtir. Et, dans ce moment décisif, François Hollande semble rattrapé par une posture qui lui colle depuis toujours à la peau, celle du champion du flou. Ni Churchill - du sang et des larmes - ni Chávez européen, héraut d’une «autre politique». Si nul ne peut douter de la sincérité de
EDITORIAL
Théorème
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Publié le 01/03/2013 à 22h26
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