Pour elle, le Gard est un «département-laboratoire» du vote Front national. Catherine Bernié-Boissard, géographe et professeure à l'université de Nîmes, signe l'une des contributions à l'ouvrage Vote FN, pourquoi ?, édité par Au diable vauvert, installé dans le Gard, et qui est publié jeudi.
Si le département du Gard est un laboratoire, quelles dynamiques du vote FN y sont à l’œuvre ?
Tous les ingrédients du vote FN sont présents et se répondent. Le terreau historique est favorable. La présence de l'extrême droite est ancienne. Dès 1989, la ville de Saint-Gilles se dote d'un maire FN. En 2012, Marine Le Pen y emporte 35% des suffrages. Il y a une tradition conservatrice ancrée dès le XIXe siècle. On retrouve également la notion de frontière. C'est valable pour les zones où Marine Le Pen a fait des bons scores : la façade méditerranéenne, l'Est, le Nord. C'est une notion manipulée par l'extrême droite et par l'UMP, pour se protéger de la crise. Dans la région, cela prend la forme particulière d'une confrontation déjà ancienne entre les rapatriés d'Algérie, accueillis dans les années 60, dans des zones rurales, et la main-d'œuvre agricole, principalement issue du Maghreb.
Vous relevez aussi l’importance des déplacements démographiques et des recompositions du périurbain…
En Languedoc-Roussillon, le chômage est important (autour de 13%). En même temps, c’est une région très attractive qui bénéficie, pour une part, des reports de la région Paca dont l’attractivité régresse en raison de l’augmentation des coûts du foncier. L’arrivée de ces nouvelles populations suscite une réaction hostile d’une partie des habitants. Le périurbain s’est développ




