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Libération

Le paradoxe de la méthode Hollande

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Publié le 13/03/2013 à 19h56

Dix mois après son élection à la présidence de la République, François Hollande atteint dans les sondages les scores les plus faibles qu’ait jamais eus un chef de l’Etat à la fin de sa première année au palais de l’Elysée. Ce n’est pas une surprise, car il s’attendait, dès son intronisation, à une année 2013 calamiteuse en raison de l’intensité de la crise et de son intention de commencer par le plus difficile, la réduction des déficits publics. Ce n’est pas non plus d’un rejet personnel qu’il s’agit.

Autant Nicolas Sarkozy clivait profondément la société entre supporteurs et adversaires, autant François Hollande cultive un style apaisant, comme s’il avait choisi d’ajouter une cuillerée de miel à l’aigre mixture qu’il doit faire avaler aux Français, affaire de méthode et de tempérament. Le nouveau président a toujours cultivé l’optimisme, le sang-froid et le rassemblement alors que son prédécesseur incarnait le choc, le mouvement et la trépidation. Mais justement, la question qui se pose est de savoir si le type de communication choisi par François Hollande correspond à sa politique, aux circonstances et à son intérêt. La réponse apparaît résolument négative.

Le paradoxe de la méthode Hollande est en effet que sa politique de communication dessert sa politique économique et sociale, qu’elle l’estompe, qu’elle la brouille, qu’elle la complique, qu’elle la rend indéchiffrable et donc qu’elle la handicape.

François Hollande sait où il va mais se refuse jusqu’ici à le faire savoir.

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