«Alain, je te pose franchement la question : est-ce que tu es candidat à la primaire pour regagner ton poste à la mairie de Grenoble ou pas ?» Celui qui met les pieds dans le plat est Pierre de Villard, ancien conseiller général RPR de l'Isère et ex-conseiller municipal de Grenoble. L'interpellé est Alain Carignon, maire de Grenoble de 1983 à 1995, condamné pour corruption à cinq ans d'emprisonnement en 1996. «Je n'ai pas pris ma décision, mais si je ne suis pas candidat, je soutiendrai celui qui sera désigné par la primaire quel qu'il soit», répond-il.
L’échange a eu lieu mercredi soir, lors de la réunion publique pour le lancement de la primaire de l’UMP 38 (Isère) pour les élections municipales de mars 2014. A la tribune, au côté d’Alain Carignon, Matthieu Chamussy, conseiller municipal à la mairie de Grenoble, donné jusque-là comme le candidat naturel de l’UMP. Depuis les ennuis judiciaires de Carignon et la victoire de la gauche, en 1995, à la mairie de Grenoble, la rupture est consommée entre les deux hommes. Hier, ils ne se sont pas adressé la parole.
A la sortie du meeting, les militants et sympathisants de droite saluent la présence côte à côte des deux rivaux. «J'espère qu'on va sortir de la guerre entre les pro et les anti-Carignon», souffle un participant. «C'est la première fois, depuis quinze ans, que tout le monde est assis à la même table», se félicite une militante.
L'UMP va-t-elle se donner les moyens de gagner en 2014 ?




