La soudaine radicalisation du débat politique français n’est pas une surprise mais ressemble à un fracassant tir de semonce. C’est l’aigre parfum des années 30 qui ressurgit brusquement. Toutes les composantes semblent se rassembler de nouveau. Elles convergent particulièrement depuis une semaine.
En toile de fond sinistre, la montée du chômage avec son cortège de souffrances personnelles, de pathologies sociales, d’anxiété collective, de ressentiment vis-à-vis des gouvernants, de déception amère, notamment chez les électeurs de gauche qui ont porté au pouvoir une nouvelle équipe.
Au premier plan, la progression spectaculaire des votes d’extrême droite à l’occasion de l’élection législative partielle de l’Oise. Certains hiérarques sont tentés de la minimiser en assénant qu’il s’agit d’un cas atypique, que Marine Le Pen est fortement implantée dans la région, que les deux tiers des électeurs se sont abstenus, que les candidats du PS et de l’UMP étaient exécrables. Billevesées : la réalité est tout autre et le Front national a bel et bien failli l’emporter avec 48,6 % des voix. L’extrême droite se fortifie, atteint un niveau qu’elle n’avait jamais obtenu et peut effectuer une nouvelle percée l’an prochain aux élections municipales et surtout européennes. Jamais, depuis justement les années 30, elle n’avait pesé aussi lourd. La crise la ressuscite.
La contagion gagne également la droite classique dont le durcissement se confirme chaque jour. Apprenti sorcier, Jean-François Copé a




