Menu
Libération

La Polynésie touche les fonds

Réservé aux abonnés

La cité des livres

Publié le 29/03/2013 à 19h06

Depuis plus de trente années, «les affaires» ont rythmé notre vie politique. Nombre de personnalités, barons locaux ou dignitaires nationaux, ont ainsi chu, forcés d’abandonner leurs palais. Il en est pourtant un qui, de 1984 à 2004, sur son île du bout du monde, s’est ri des juges et des médias : Gaston Flosse. Quatre fois président de la Polynésie française et sénateur omnipotent. C’est ce personnage, figure emblématique et obscure de l’ancien RPR - qu’il créa avec Jacques Chirac en 1976 - que nous font découvrir Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Dans L'homme qui voulut être roi, les deux journalistes du Monde livrent un portrait-enquête passionnant comme un roman noir, où le frisson est d'autant plus glacial qu'il n'est pas question de fiction. S'ils racontent peu de l'histoire personnelle de ce «demi», comme on dit à Tahiti, né en 1931 d'un père lorrain venu exploiter la perle noire et d'une mère polynésienne, Davet et Lhomme se concentrent sur la période 1991-2004. Celle où leur «héros», qui gravit tous les échelons de la politique avec son seul certificat d'études, finit «par instaurer un régime autocratique avec la responsabilité de l'Etat français». L'Etat-RPR, celui de son protecteur Chirac.

«Flosse est unique. Roué et cupide, despotique et chaleureux. Aussi intelligent qu'il est peu cultivé» , écrivent les auteurs. Avec cette malignité, il met la main sur la Polynésie, corrompt les mœurs et les esprits. Son clientélisme et les

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique