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Libération

Un mea-culpa contrit et forcé

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Le changement de stratégie de Cahuzac a surpris même ses plus proches collaborateurs. Objectif : sauver les meubles sur le plan judiciaire.

Publié le 02/04/2013 à 22h26

Après le déni à la française, les aveux «à l'américaine». L'acte de contrition de Jérôme Cahuzac, posté sur son blog après sa sortie du bureau des juges est une première dans l'histoire de la communication politique hexagonale. «Cet aveu abîme la fonction politique. Et érige la com en stratégie du mensonge», analyse Denis Pingaud, président de Balises, société de conseil en communication (1).

Le retournement est spectaculaire, à la mesure du personnage truculent et sûr de lui. Après avoir nié, juré «les yeux dans les yeux» dans le bureau du Président, devant l'Assemblée nationale et sur toutes les ondes, l'ex-ministre du Budget passe à confesse. Totalement, peut-être sincèrement, mais pas innocemment. Dans ce texte bref et formaté Jérôme Cahuzac «demande pardon» au Président, exprime ses «sincères et plus profonds regrets» aux Français, sans oublier «sa famille et ses amis» qu'il a «tant déçus». Il se dit «dévasté par le remords». Et, au passage, reconnaît qu'il a un compte en Suisse depuis vingt ans encore crédité de 600 000 euros.

«Je l’ai cru, simplement cru»

Sur le fond comme sur la forme, Cahuzac a surpris hier, y compris le petit monde des communicants politiques. Jusqu'à ceux qui ont assuré sa communication de crise. «Je suis sous le choc de la révélation, je l'ai cru, simplement cru», assurait un de ses proches. «Je n'en reviens pas, j'ai mal au ventre», confiait un autre.

Au gouver

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