Ce député tombe des nues : «Quoi ? Il y a deux jours, on nous dit qu'il était au bord du gouffre et aujourd'hui il voudrait revenir ?» Il n'est pas le seul au Palais Bourbon à s'étrangler. Car Jérôme Cahuzac, après sa démission du gouvernement peut retrouver son siège à l'Assemblée nationale. Rien ne l'oblige à y renoncer, si l'on s'en tient au strict cadre juridique. Et vendredi, à entendre Claude Bartolone, Jérôme Cahuzac ne semblait pas résolu à abandonner son mandat. «Mais il y a le texte et le contexte», a plaidé le président (PS) de l'Assemblée qui «essaye de convaincre» l'ancien ministre de ne pas revenir : «Il vaut mieux pour lui comme pour l'Assemblée nationale qu'il ne redevienne pas député.»
Micros. C'est la teneur de ses propos lorsqu'il a décroché son téléphone pour répondre à Cahuzac, lors d'une conversation qui s'est tenue entre les deux hommes jeudi, en fin de journée. «Barto» lui parle alors de façon directe, pour tenter de lui faire prendre la mesure de la crise politique qu'il a ouverte. Le lendemain, de façon assez inhabituelle, il rassemble des journalistes pour leur faire part de cet échange. Transparence ? Pas seulement. Il profite des micros tendus pour passer un «message» à l'entourage de Cahuzac. «Je veux l'aider à prendre une décision, en lui faisant comprendre l'état des députés et du pays», déclare-t-il. Il désigne l'ex-ministre comme «M. Cahuzac»




