Il y a d’abord un constat. Celui d’une succession de scandales politiques et financiers qu’aucune loi, aucun jugement ne parvient à interrompre.
Il y a ensuite un sentiment chez une majorité de citoyens. Celui d’une classe politique corrompue qui aurait abandonné le service public pour son propre intérêt. Un sentiment que Jérôme Cahuzac, ministre de la rigueur dissimulant son magot en Suisse, a poussé jusqu’à l’écœurement.
Il y a encore les mots. Ceux qui composent les engagements ou les promesses. Paroles impuissantes comme cette volonté de «moraliser la vie publique» répétée par tous les gouvernements, ou inquiétantes comme l'ambition de Jean-Luc Mélenchon «de purifier l'atmosphère politique» après un grand «coup de balai». Il y a enfin les actes. La litanie des affaires impose des décisions fortes, pas des coups de menton. Et si la référence au peuple, qui peut légitimement se sentir floué par ses élites, est indispensable, elle ne doit pas se résumer à une marche de colère dont on voit bien ce qu'elle portera d'antiparlementarisme et de rejet de la démocratie. La VIe République, que le leader du front de gauche appelle de ses vœux, est inéluctable, mais cette refondation de la vie politique ne lui appartient pas. Elle est l'affaire de tous et ne se fera pas dans l'opposition d'un peuple fantasmé contre les élites. En pleine crise politique et sociale et à la veille d'une crise morale, c'est de République et pas de guerre civile dont la France à aujourd'hui besoi




