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Libération

Larmes de Filoche contre larmes de crocodile

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Publié le 11/04/2013 à 19h07

Moi aussi, la morale ! Moi aussi, la transparence ! Moi aussi, l’indignation ! Moi aussi, le grand déballage ! Moi aussi, pour la promotion de la vertu et pour l’éradication du vice ! Et moi surtout, tant qu’à faire, la colère intacte huit jours après que s’est révélée, de Jérôme Cahuzac, une duplicité dont on se demande encore si elle est achevée.

Une colère qui, n'eût-il tenu qu'à moi, m'eût fait sous-titrer le portrait du chirurgien - ministre - député - évadé fiscal, non pas «indigne», non pas même «salopard», qui est une injure de cour de récré, mais bien «salaud», les yeux dans l'œil du tigre du boxeur capilliculteur. Un gros mot, certes, un mot bruyant et furieux qui fait «le jeu des extrêmes», mais certainement pas autant, tous comptes en banques faits, que ces rumeurs où il est question de coffres en Suisse et dans plein de paradis, partout.

Ma colère serait filochienne, en quelque sorte, du nom du camarade Gérard Filoche, qui l'exprima le 2 avril sur LCI, dans une salutaire sortie dont on a hélas plus retenu la charge d'une émotion au bord des larmes que l'évocation d'un nécessaire recrutement de deux milliers d'inspecteurs du travail. Un peu, en quelque sorte, comme Eva Joly, revendiquant la formation de 3 000 inspecteurs des impôts, propos vite balayé par l'exotisme d'une déclaration de patrimoine où figurent des kayaks «en carbone». Las, Gérard, tu sais bien que ce fumeux Ersatz d'opération «mains propres» qui occupe les estrade

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