Parfois mou, parfois flou voire changeant, il est pourtant un terrain sur lequel François Hollande ne varie pas : celui de la rigueur budgétaire, de la réduction des déficits en conformité avec la volonté européenne. Il s’agit même d’une conviction profonde affirmée de longue date au Parti socialiste avant d’être la matrice de la politique gouvernementale. Et il ne l’infléchira pas, persuadé qu’elle est la seule voie crédible.
Comment comprendre dans ces conditions que François Hollande ait laissé Arnaud Montebourg prôner, lundi dans les colonnes du Monde, un changement de cap, la possibilité d'une relance par la consommation ? A l'évidence, le Président, qui était parfaitement informé de l'initiative de son ministre, a voulu laisser croire à sa gauche que le débat était sur la table. Mais la manœuvre tactique visant à ne pas désespérer davantage une opinion dépressive peut se révéler terriblement contre-productive. D'une part parce qu'après avoir laissé dire, il a aussitôt procédé à un strict recadrage, mais aussi parce qu'une fois encore - alors qu'Hamon et Duflot s'empressaient de relayer la parole de Montebourg -, l'impression de cacophonie a dominé au sein du gouvernement. Brouillé par les déclarations de ses ministres, le message gouvernemental justifie aujourd'hui une communication claire. Une explication de doctrine sociale-démocrate précise, faisant fi des jeux politiques. Il impose aux voix ministérielles dissonantes de se mettre en sourdine ou de sortir du




