Photo Isabelle Rimbert pour Libération
Si le fond engageait nécessairement la forme, ceci ne serait pas un article de presse, mais une dissertation. Oubliée la trilogie thèse-antithèse-synthèse, trop petit bras pour Marie de Gandt. La cérébralité de cette ancienne plume de Sarkozy appellerait une dialectique tendue vers la réconciliation des contraires. Bref, si le fond engageait la forme, il faudrait écrire Marie de Gandt culturé et compliqué.
Evidemment - ce serait trop facile -, la dame n'a pas la tête tristoune de l'emploi, si bien que, la première fois qu'on la voit, on se frotte les yeux : quoi, une plume élyséenne peut être autre chose que gris pigeon ? Double solaire du peu riant Guaino, qui conjuguait sous Sarkozy les fonctions de scribe et de «conseiller spécial», l'oiseau de Gandt a les cheveux blond paradis, sautille sur des échasses python et déploie créoles, bague à phalange et sac argenté Chanel. Dans son livre, elle raconte son quinquennat passé à écrire des discours pour trois ministres, dont Xavier Bertrand, puis un président, Nicolas Sarkozy. A l'Elysée, Guaino rédige les textes mémoriels, elle, les allocutions techniques. «Pour moi, au début, les hommes politiques, c'étaient des pingouins», avoue-t-elle dans un éclair de simplicité.
Dans la vraie vie, Marie de Gandt, 37 ans, enseigne la littérature comparée à l'université de Bordeaux, où elle passe deux jours par semaine. Accro aux Haribo et violoniste à ses heures, elle est spontanée et drôle.




