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Libération

L’espionnage, science politique

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Publié le 26/04/2013 à 19h06

Surtout ne pas se laisser abuser par l'apparence. Ce pavé de 730 pages à la couverture terne comme un matin d'hiver peut sembler aussi passionnant que la lecture de l'annuaire téléphonique. Pourtant, l'ennui n'interrompt jamais cette Histoire politique des services secrets français, longue promenade dans les arcanes obscurs de la Piscine, nom donné au siège des services secrets à Paris. Mêlant le travail de journaliste et d'historien, Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer livrent une somme de documents, de témoignages, de récits ; aventures plus ou moins glorieuses, toujours frappées du secret, et indéfectiblement liées à la politique. Comme l'écrivent les auteurs, «un service de renseignement n'est réellement performant que dans la mesure où il parvient à gagner la confiance de ceux qui tiennent les leviers de commande de l'Etat». Et la relation entre les services d'espionnage et les politiques n'a cessé d'être trouble. Ainsi cet épisode incroyable à l'été 1937. Le commandant Paul Paillole obtient au petit matin une audience privée avec Edouard Daladier, le ministre de la Guerre. «Monsieur le ministre, s'offre à nous une opportunité qui ne se représentera sans doute jamais : nous débarrasser d'Hitler !» Daladier tranche : «On n'assassine pas le chef d'Etat d'un pays voisin !» Avec la guerre, une nouvelle ère s'ouvre pour le Renseignement. Au service du général de Gaulle, le Bureau central de renseignement et d'action militaire (BCRA

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