La publication du patrimoine des élus a suscité des réactions de colère à droite et à gauche. On a dit qu'une telle mesure, voyeuriste, n'éviterait pas des scandales à la Cahuzac. On a accusé le gouvernement d'avoir cédé à une démagogie dont la logique serait proche de Voici et de la télé-réalité pour contenter un peuple intoxiqué par une curiosité malsaine. Un peuple composé, non pas de citoyens, mais de spectateurs avides de potins prêts à tout pour savoir ce qui ne doit pas être su.
Il suffit d’examiner ces réactions avec un peu de recul pour comprendre qu’il ne s’agit pas d’une critique politique réfléchie, mais d’une pensée beauf. Laquelle, appelons là la beaufologie, n’est ni de droite ni de gauche, mais mériterait d’intéresser un jour les spécialistes de la science politique. Cette pensée consiste à faire l’éloge de ce qui est, afin qu’il continue d’être. Une pensée qui réagit violemment et par principe dès que quelque chose menace de transformer la réalité politique. Si l’on réfléchit à la signification de cette mesure, on comprend immédiatement qu’elle n’est pas choquante. Au contraire, elle va incontestablement dans le sens d’un renforcement démocratique.
Pourquoi, en effet, les électeurs auraient-ils le droit de connaître l’âge, les diplômes, le CV des élus et pas leur patrimoine ? On pourrait tout autant penser que l’âge, les diplômes et le parcours professionnel sont des informations qui devraient rester secrètes pour ne pas tomber dans le voyeurisme. On




