Ils appellent ça leur «révolution culturelle». Le Front national a entamé une mutation souterraine de grande ampleur. Le parti qui demeure néanmoins profondément marqué à l'extrême droite entend se transformer en machine à gagner. C'est un FN conquérant qui assume sa soif de pouvoir. Et, pour arriver à ses fins, cible des territoires, réorganise l'appareil et mise sur les municipales de 2014. Pour un parti à l'implantation faible qui a toujours manqué de cadres, et a souvent bombardé à la dernière minute des candidats fantoches, cela suppose de recruter et de faire du «management». Cette stratégie de «remobilisation de l'appareil», longtemps repoussée par Le Pen père, est aujourd'hui pleinement revendiquée par Le Pen fille. La patronne du parti, en plein essor, l'a annoncé à l'issue d'un conseil national, en décembre : «C'est une nouvelle manière de fonctionner. L'implantation locale est une condition d'une victoire future.» «Et tous les clignotants sont au vert», se réjouit Florian Philippot, son bras droit, chargé de la stratégie.
Cette nouvelle organisation s'appuie sur l'afflux d'adhérents et repose sur «un travail de terrain», jusque-là plutôt délaissé. «Il faut qu'on soit présent partout, prévient Steeve Briois, l'un des artisans de ce plan. On va bâtir la maison par les fondations.» Le modèle ? Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où Briois laboure le terrain depuis vingt ans et vise la mairie. Etre vis




