Il cultiva longtemps l'image grisâtre du fidèle serviteur de la République. Il réussit même à effacer des mémoires sa proximité avec Charles Pasqua, gomma sa fascination pour Jacques Foccart, l'homme de l'ombre du gaullisme et de la Françafrique. Durant plus d'une décennie, il entretint ainsi une réputation d'impartialité qui fit l'admiration de Jean-Pierre Chevènement et de barons du socialisme. Mais si la gauche rêva de l'enrôler, c'est à droite qu'il bascula. En 2002, Claude Guéant apporta à Nicolas Sarkozy l'aura vertueuse qui lui faisait défaut. Mais c'est dans l'ombre que «le Cardinal» se mit au service de son mentor. Patron officieux de la police et des services secrets, cheville ouvrière de contrats internationaux opaques, Claude Guéant construisit ce que Villepin appela «les réseaux tangentiels» en Afrique, en Arabie Saoudite ou en Libye. C'est encore lui qui organisa, avec son fidèle Bernard Squarcini, les opérations de surveillance des journalistes dans l'affaire Bettencourt et reçut régulièrement le zélé procureur Courroye. De 2002 à 2012, entre la Place Beauvau et l'Elysée, le haut fonctionnaire intègre devint l'interlocuteur privilégié d'hommes d'affaires douteux et l'ordonnateur des opérations les plus troubles. C'est à ce titre que Claude Guéant est aujourd'hui rattrapé par la justice avec ces mouvements financiers dont on peine à croire qu'ils étaient à son seul bénéfice. A travers l'ancien ministre de l'Intérieur, serviteur dévoué à Nicolas Sarkozy
EDITORIAL
Trouble
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ParEric Decouty
Publié le 01/05/2013 à 22h36
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