Claude Guéant a décidé de se taire… mais peut-être un peu tard. Ses deux jours de bavardages, pour tenter d'expliquer la provenance des 500 000 euros retrouvés sur son compte et les traces de paiements en liquide pour un montant de 20 000 à 25 000 euros découverts à son domicile lors de perquisitions, risquent de lui coûter cher. Car toutes ses explications se dégonflent. Et si certaines se révèlent exactes, elles pourraient lui valoir des poursuites pour fraude fiscale. Depuis mardi et les révélations du Canard enchaîné, hormis Henri Guaino et Nadine Morano, personne dans les rangs de l'UMP n'est venu le soutenir.
Des primes sous forme de fraude fiscale ?
Admettons que les justifications de Claude Guéant soient vraies. Comme il l'a expliqué à Libération, l'ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur aurait touché, entre 2002 et 2004, de 3 000 à 5 000 euros de primes en cash. Si l'on met de côté le scandale d'Etat potentiel (une enquête administrative à ce sujet a été ouverte jeudi à la demande du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault), il reste la fraude au fisc. «Ces faits peuvent revêtir la qualification de fraude fiscale comme pour "monsieur tout le monde", commente le cabinet d'avocats fiscalistes Gérard et Philippe Mattei. Du temps de l'existence des fonds secrets, cet usage n'était pas poursuivi en pratique.»
Mais les fonds secrets ont été abolis en 2002. Guéant risque




