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Interview

«Un virage au profit de la croissance»

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Karine Berger, députée, déléguée à l’économie au PS :

Publié le 03/05/2013 à 22h16

Députée socialiste des Hautes-Alpes, l’économiste Karine Berger est secrétaire nationale du PS à l’économie.

Le sursis accordé à la France par Bruxelles est-il une bonne surprise ?

Deux ans. Je suis la première étonnée. C’est une surprise mais aussi un signal politique important. La France n’est pas le seul pays concerné, mais elle a bien négocié pour faire comprendre qu’il ne faut pas achever les pays en situation saine avec le remède du malade.

Cela va-t-il desserrer l’étau ?

Si l’étau c’est l’obligation de la France de rétablir les finances publiques, c’est non, car c’est une politique liée à notre souveraineté française. S’il s’agit de reconnaître que quand on fait trop de zèle sur la réduction des déficits, on altère la croissance, alors la réponse est oui. C’est ce que nous plaidons depuis dix mois.

Est-ce une victoire pour Hollande ?

Le Président a fortement pesé dans les discussions qui ont abouti à ce changement. Il a été un porte-voix, à côté de pays comme la Grèce, l'Espagne, l'Italie ou les Pays-Bas. La France était le grand pays d'Europe qui manquait pour faire bouger l'Union. Dès son élection, François Hollande a dit «Je veux que l'Europe se remette à parler de croissance». Il a mis cela sur la table, ce qui a permis un déplacement du curseur au profit de la croissance. Mais, encore une fois, la France n'était pas seule.

S’agit-il d’un vrai virage ?

Oui, et c’est bien. Ce n’est pas en égorgeant la Grèce, en tapant pour obtenir la réduction des déficits, qu’on obtient des résultats sur la croissance, sur l’emploi et donc sur la baisse des déficits ! Si tout le monde avait continué à faire la même bêtise, la zone euro aurai

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