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tribune

La résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

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(Dessin Alain Brillon)
Publié le 09/05/2013 à 19h06

Jean-Luc Mélenchon exagère toujours, c’est son tempérament, son style, son talent, sa méthode. Il avait fixé à l’avance à 100 000 le nombre de manifestants à partir duquel il serait en droit de revendiquer un succès. Il a proclamé en avoir rassemblé 180 000, ce qui a semblé aux yeux de tous les observateurs présents sur le terrain une évaluation bien marseillaise. En fait, les plus impartiaux tablent sur 40 000 ou 50 000 marcheurs. C’est beaucoup. Cela prouve bien qu’il existe à gauche de la majorité, une opposition populaire puissante oscillant entre déception, ressentiment et colère. Elle n’est pas homogène. Elle rassemble les trotskistes, les communistes, les mélenchonistes et une fraction des écologistes. Autant d’affluents, autant de lignes politiques.

Un seul leader cependant, un seul chef de file, une seule figure de proue : Mélenchon. On ne vient pas de toute la France pour défiler derrière Pierre Laurent, Eva Joly ou même Olivier Besancenot. Seul mobilise, seul incarne, seul enthousiasme, seul émeut le tribun Mélenchon, avec ses accents tantôt hugoliens qui semblent descendre des socialistes utopistes de 1848, tantôt ses invectives, ses menaces et son charisme lyrique qui veut cousiner avec le chavisme et le bolivarisme. Sa grande réussite, c’est qu’il suscite à la gauche de la gauche un authentique culte de la personnalité. Son grand échec est que ce phénomène se produit au détriment de la gauche réformiste, au bénéfice de la droite et de l’extrême droite. Il redonn

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