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Libération

La mitterrandisation de François Hollande

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Publié le 22/05/2013 à 19h06

Il n'y a pas de présidence «normale». Les institutions de la Ve République s'y opposent, l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct l'interdit, l'instauration du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral l'excluent. En désignant eux-mêmes «l'homme de la Nation» pour reprendre une expression célèbre du général de Gaulle, les Français attendent de lui qu'il s'impose et qu'il s'assume comme un leader certes démocratique - il est l'oint du suffrage universel - mais également charismatique, avec un équilibre incertain entre autorité personnelle et contrôle par les contre-pouvoirs. François Hollande avait projeté de modifier la balance autorité - contrôle, de pousser davantage le Premier ministre sur le devant de la scène, de raréfier les interventions publiques du président, de rendre plus collective l'élaboration des décisions gouvernementales, enfin de couper le cordon ombilical entre le chef de l'Etat et le parti dont il est issu. Il s'agissait de rompre avec le bonapartisme sarkozien, d'instaurer plus d'équilibre entre les pouvoirs, d'inaugurer une présidence moins absolue, une présidence relative.

Cela n’a pas fonctionné. Le vainqueur de 2012 a donc dû choisir la voie de la «mitterrandisation». Si la crise économique et sociale explique évidemment le gros de la déception ou du ressentiment des Français vis-à-vis de François Hollande, son approche du pouvoir présidentiel, novatrice, hétérodoxe et ambiguë, a compliqué les choses et a contribué

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